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L'échange de pouvoirs érotique


Protocolaire

Sujet(s) : Apprentissage | Journal d'un dominant | protocole   514 lectures  2 commentaires     Imprimer

Je n’ai jamais été très protocolaire. Ni dans ma vie professionnelle, ni dans ma vie personnelle.

Encore moins dans la sphère bdsm.

J’ai d’ailleurs toujours été très amusé par le côté grégaire des messes bdsm, où tout est assez uniforme. Où la « vraie affaire » s’exprime en anglais : flogueur, bondeudje, padeule, Masssteurrrrrre. Où tout le monde est habillé de cuir ou latex ou tout autre « dress code », sans quoi t’es out, disqualifié, pas des nôtres. Comme si on ne pouvait sortir dans une soirée bdsm en complet trois-pièces pour ligoter la soumise dans sa belle robe blanche immaculée.

Pour des gens qui se réclament de la liberté de conscience et de penser, tout ce modèle d’éducation anglaise carré et brutal demeure pour moi un mystère total. Dans un pays conquis comme le Québec, je peux saisir la part psychanalytique de cette « inclinaison » pour le boss. Mais en France?

Je m’éloigne.

J’ai toujours été singulièrement frappé par le nombre de personnes s’intéressant au bdsm, et qui ne lisent pas sur leur sujet de prédilection. Comme si, pour beaucoup, l’ »éducation bdsm » se résumait essentiellement aux échanges en salle de clavardage, dans les forums ou dans les soirées, la « théorie bdsm » apprise se limitant à ce que les anciens inculquent aux novices… soit de savoir ce que signifient les lettres b, d, s et m.

Le hic avec cette démarche, c’est que le protocole bdsm fluctue au gré des opinions, des personnes, des lieux.

Je n’ai jamais été très protocolaire dans mes interactions BDSM, dis-je. J’ai toujours préféré la sinuosité de l’improvisation, la part coquine de la provocation verbale, la gestuelle de l’équilibriste sur le fil de fer des limites de la personne soumise. J’ai toujours revendiqué la liberté de sortir du cadre pour mieux y entrer.

Je dis tout ça et pourtant, le protocole est pour le moins partie intégrante et essentielle d’une interaction bdsm. Parce qu’il n’est pas inutile de se rappeler que la relation d’échange de pouvoirs repose sur un rapport d’autorité, fut-il ponctuel et circonstanciel. Sans protocole, l’échange de pouvoir entre le dominant et sa soumise s’étiole, va au gré des vents et des humeurs, devient facultatif. Rien de tel pour faire voler en éclats l’édifice patiemment construit brique par brique.

Tout le monde en parle, mais c’est quoi le foutu protocole?

Le protocole bdsm, c’est la colle qui tient le tout bdsm ensemble.


Par Valmont, le 25 novembre 2010 dans le site cercleo.net


  • fidelle(H)

    «Parce qu’il n’est pas inutile de se rappeler que la relation d’échange de pouvoirs repose sur un rapport d’autorité, fut-il ponctuel et circonstanciel.»

    À mon humble avis, on l’oublie trop souvent.

  • Raphaelle Pinna

    c’est avec grand intérêt que je viens ici et sans aprioris, je suis curieuse, ma nature docile ma conduit ici


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