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Les soins après-séance BDSM, alias l’aftercare : quoi faire, pourquoi

Par Monsieur Valmont | 17 602 lectures | Temps de lecture ~ 25 minutes

Une soumise après la séance de fouet avec son Maître.
Une soumise après la séance de fouet avec son Maître.

Ce texte, paru initialement dans le site cercleO.com en juillet 2003, est une adaptation en français faite par mlle nayz{J} du texte Aftercare, avec la permission de l’auteur Chris M. La source originale n’existe plus, mais le texte original se trouvait notamment dans le site SlaveTribute (qui n’existe plus).

Eh oui, nous pouvons crier à pleins poumons, comme Virgile : « Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore. »

Ou, si vous préférez : « Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail. »

Parlant de détail, ce texte a fait l’objet de retouches, depuis tout ce temps, de la part de Monsieur Valmont.

Table des matières de cet article

  • Le dernier acte du rituel
  • Que représente l’après-séance
    • La dynamique de la resdescente
    • La pertinence de l’après-séance
    • L’ignorance des soins après-séance
    • Quand c’est fini, ce n’est pas fini
  • Que faire après la séance
    • L’importance de l’état mental
    • Combien de temps?
    • Les particularités de chaque personne
    • L’importance de s’exprimer
  • Une critique de la séance directement après?
    • L’après-séance, un art subtil
    • Un.e soumis.e prêté.e
    • L’après-séance excessivement démonstratif
    • La sollicitation
    • L’après-séance venu d’un tiers
    • Après une séance… interrompue
    • Une réaction de choc en différé
    • L’après-séance… si vous ne le recevez pas de votre partenaire
    • De nombreuses solutions, alternatives
    • Gueules de bois d’endorphines
    • Après-soin du lendemain
    • Quelques idées
    • L’après-séance pour l’audience
  • L’après-séance pour les personnes dominantes
    • Aux personnes soumises lisant ceci
      • Que puis-je faire pour vous servir, Maître?
    • Aux personnes dominantes lisant ceci
  • Un aide-mémoire – rappels
    • Avant de jouer
    • Pendant la séance
    • Après la séance

Le dernier acte du rituel

L’après-séance est le dernier acte du rituel BDSM.

L’après-séance, c’est la culmination. C’est la dernière boucle, la touche finale, la dernière communion des partenaires qui participent au rituel.

C’est la phase durant laquelle ceux-ci, sous l’impulsion de la personne dominante, donnent formellement un contexte de réalité à la scène du fantasme qui vient d’être vécu.

L’objectif technique de l’après-séance est d’assurer la transition entre les états élevés de la séance et le cours « normal » des choses.

Les partenaires reprennent conscience de certaines réalités une fois que tout est terminé. Par exemple, qu’il va falloir conduire le véhicule sur le chemin du retour à la maison.

Ah oui! Retourner à la maison!!?

Toute personne ayant une certaine expérience des pratiques BDSM vous le dira. L’après-séance c’est beaucoup plus que cela.

Que représente l’après-séance

« Ça aurait été bien si elle s’était occupée de moi par la suite. »

Une domina déçue de sa première expérience avec une soumise

L’après-séance, c’est le moment après l’acte où les participants affirment mutuellement que quelque chose de spécial vient d’être créé, vécu, partagé.

L’après-séance est essentiel à la planification de toute séance BDSM, spécialement quand celle-ci est intense et où les participants vont loin.

Après la séance, c’est le moment propice pour exprimer sa gratitude envers la ou les personnes avec lesquelles nous venons de partager un bref mais intense segment de notre vie.

L’après-séance peut être la plus belle partie du rituel BDSM, l’un de ses moments forts. C’est souvent le cas.

Ignorer cette partie est aussi brutal que d’aller dîner chez un ami et de déguerpir une fois le repas achevé.

« Oh, dommage! J’ai rendez-vous dans 30 minutes… Bye! »

Un dominant pressé

La dynamique de la resdescente

Une séance BDSM exigeante physiquement, remplie d’émotions et de sensations variées, avec beaucoup de contorsions et de détours, peut laisser votre partenaire vidé.e, secoué.e, tremblant.e, vulnérable, exposé.e.

D’où le besoin crucial pour la personne qui domine la scène de le.la guider pour revenir sur terre.

Je compare souvent ce moment à ce que doivent vivre les musiciens après un spectacle dans un stade rempli à craquer. Tout cet amour reçu de milliers de personnes! Toute cette énergie atomique emmagasinée! Et maintenant, toute cette énergie qui cherche à exploser!

« Elle m’emmena au bord du paradis, puis me lâcha. »

Un soumis désemparé

Certaines personnes, même après un jeu s’étant bien déroulé, peuvent passer par divers états psychologiques fort déstabilisants : anxiété, embarras, culpabilité, honte, trop-plein d’émotions, sentiments contradictoires.

L’après-coup émotionnel qui résulte d’une séance BDSM peut ressembler au bourdonnement post-coïtal suivant l’acte sexuel. Vos actions et vos paroles y parleront cinq fois plus fortement qu’à l’habitude.

La façon avec laquelle vous prenez soin de votre partenaire après la séance, dévoile le vrai sens de cette séance que vous venez de vivre. À savoir si celle-ci n’était qu’une va-vite ou une belle et profonde expérience qui vous lie encore davantage l’un à l’autre.

L’après-séance permet également de récupérer au cas où les choses ne se seraient pas aussi bien passées qu’elles auraient dû.

Lors d’une séance « brisée », prodiguer à l’autre un soin sensible et adéquat, est tout ce qui vous sépare d’une mauvaise réputation.

La pertinence de l’après-séance

L’après-séance est particulièrement important à la suite d’une séance :

  • demandante et intense.
  • impliquant de nouveaux partenaires ou de nouvelles techniques.
  • impliquant des punitions, de l’humiliation;
  • frôlant des limites de la personne soumise… voire de la personne dominante;
  • résultant en larmes, cris, orgasmes ou autres manifestations émotionnelles;
  • interrompue par un accident, une blessure, un évanouissement ou tout autre imprévu;
  • qui a mal tourné et ayant comme résultat la colère ou la contrariété;
  • qui s’achève par l’utilisation d’un droit de veto (safeword).

Dans l’une de ces situations, autant la personne dominante que la personne soumise pourrait apprécier un réconfort, si cela devait survenir.

Vous pouvez joliment encadrer la séance avec de la tendresse et du respect, ou la faire sauter complètement.

Et comme le coup cinglant d’un fouet peut être une calamité s’il suit l’expression d’un veto, une merveilleuse séance peut être détruite par une attitude cavalière, une fois que la phase du jeu proprement dite est terminée.

Un mauvais soin après-séance, ou une totale absence de soins, peut causer des dommages incalculables.

Cela peut laisser votre partenaire mal à l’aise, insatisfait, abusé.

Cela peut ruiner une séance superbe jusque là, ou endommager la confiance et l’affection que votre partenaire avait pour vous, au cas où vous seriez perçu comme une personne arrogante, froide ou inconsciente dans les moments où une grande tendresse et une grande ouverture sont requis.

Mais si le soin après-séance est bien fait, cela peut doubler l’impact d’une bonne séance.

Il vient en quelque sorte confirmer que la séance qui vient d’avoir lieu a un sens. Il rappelle que l’offrande de la domination et de la soumission a une valeur. Une grande valeur.

Le soins prodigués après la séance peuvent transformer celle-ci en une expérience de vie signifiante et en un souvenir impérissable.

L’ignorance des soins après-séance

Aussi important que puisse être l’après-séance dans le rituel BDSM, très peu a été écrit sur le sujet.

Contrairement à d’autres techniques de jeu, il n’y a pas de méthodologie standard pour le soin après-séance. Différentes personnalités, différents outils, différentes techniques et intensités de jeux demandent différents degrés d’intimité, d’attouchements, de durées.

Aucune approche n’est garantie.

Cela veut dire que même des adeptes des pratiques BDSM bien intentionnés peuvent pratiquer le soin d’après-séance, sans que cela ne fonctionne. Et cela, pour de multiples et subtiles raisons.

Quand c’est fini, ce n’est pas fini

Le soin après-séance est souvent oublié lors des négociations, rendant ainsi plus grande la possibilité de bousculer cette étape ou de la rendre inefficace à terme.

Parfois, l’un ou l’autre ou même les deux partenaires peuvent être pressés d’aller vers d’autres scènes. Peut-être que leur conjoint ou leur conjointe les attendent impatiemment.

Et puis, il faut bien le dire, le soin après-séance ayant le potentiel de rendre l’interaction physiquement plus intime que le jeu en lui-même, plusieurs partenaires ne se sentiront pas à l’aise d’enlacer ou de caresser une personne de laquelle ils.elles seraient pourtant heureux de recevoir (ou d’infliger) le fouet.

Plusieurs pensent qu’une fois la partie « technique » du BDSM achevée (les instruments de flagellation, la corde, les instruments et accessoires divers), la séance est finie et n’ont aucune idée du pouvoir qu’a le soin d’après-séance de rendre la séance plus forte encore, plus complète, mieux intégrée, en un mot, meilleure.

Pour diverses raisons, les personnes soumises ne sont généralement pas conscientes du besoin qu’a la personne dominante d’un soutien ou de gratitude à la fin d’une scène. Ou ne veulent pas le voir, la personne dominante ayant un statut déifié, inaccessible, sans faiblesse, ni vulnérabilité.

La bonne nouvelle est que le soin après-séance peut évoluer facilement, car ceci découle d’un principe fort simple : un intérêt et une affection actifs et mutuels entre les partenaires.

La plupart des gens ne considèrent pas une séance comme un apparat futile mais comme une connexion authentique entre les personnes concernées.

Et l’essentiel du soin après-séance est que l’acte affectueux peut sauver une séance faible ou cassée, et donner de la valeur à une expérience potentiellement mauvaise.

Que faire après la séance

Quand les pistons s’arrêtent de pomper, que l’horloge a retrouvé ses aiguilles et que la respiration retourne à la normale, les partenaires reviennent graduellement au point de départ du jeu.

Plusieurs actions et activités simples peuvent alors avoir lieu. En voici une liste :

  • Détacher votre partenaire et/ou lui enlever son masque.
  • Changer d’éclairage ou de pièce.
  • Assurer les premiers soins comme le nettoyage et le traitement de toute blessure ou cicatrice.
  • S’accorder une pause à la salle de bains.
  • Si vous et votre partenaire étiez assis, vous mettre debout serait avisé. Si votre partenaire était attaché en position étirée, lui permettre de se mettre en boule pourrait lui être utile.
  • S’enlacer, parler, être ensemble, se donner du temps pour laisser les battements du cœur se calmer et la respiration revenir à la normale.
  • S’offrir nourriture et boisson (l’eau est toujours bonne, ou du jus de fruit).
  • Assurer une transition hors des rôles de séance, dans des rôles plus égalitaires d’amis à l’écoute (sauf si c’est important pour l’un ou l’autre de maintenir le rôle).
  • Permettre à la personne soumise de s’habiller (sauf si ce n’est pas terminé).
  • Répondre à tout besoin physique ou émotionnel que la personne soumise peut avoir (parler de la séance, larmes, etc.).
  • Nettoyer l’équipement ayant servi durant la séance et l’aire du jeu. Ou laisser la personne soumise s’offrir de le faire.
  • S’assurer que la personne soumise a repris le contrôle de ses aptitudes motrices.

Tout ceci peut être fait à la va-vite ou accompli consciencieusement, lentement, avec intérêt et attention. C’est selon.

L’importance de l’état mental

Ne commencez pas à baragouiner sur les distractions du monde alors que l’après-séance est encore en cours. La séance n’est terminée qu’au moment où les soins de l’après-séance sont finis.

Plus important encore que la condition physique de votre partenaire est son état mental. Et contrairement aux techniques standards d’après-séance listées plus haut, ce processus peut changer à chaque fois que vous le faites.

L’écoute est important ici, bien que ce ne soit pas toujours facile de décoder l’autre.

Combien de temps?

Après la séance, réservez-vous du temps pour être avec la personne avec qui vous venez de jouer. Dans une courte séance d’une heure, 15 à 20 minutes semblent raisonnables.

Ne vous fixez pas un temps limite si vous n’êtes pas obligé de le faire.

En général, l’après-séance est un bon moment pour passer d’un rôle bien campé du jeu (Dominant/dominé, Maître/esclave, etc.) à un rôle plus égalitaire, fait d’amitié mutuelle, enrichissante et respectueuse.

Dans une structure relationnelle de pouvoir, l’après-séance est en quelque sorte le signal du retour à un protocole simple.

Les particularités de chaque personne

Enlacer, caresser et toucher est bon dans les soins d’après-séance BDSM, dépendamment de la relation avec votre partenaire.

Selon le degré d’intimité et le temps dont vous disposez, vous pouvez prendre un bain ensemble, manger, parler, faire une sieste, lire à voix haute, vous masser, faire l’amour.

Tous les goûts sont dans la nature.

Certaines personnes aiment qu’on leur touche le visage. Mais faites attention! Ce geste ne fonctionne pas avec tout le monde.

Ce qui apparaît doux et affectueux pour certains peut sembler stupide et désagréable pour d’autres. Il peut aussi sembler trop intime, si cela implique plus que ne pourrait en supporter votre partenaire.

Aux personnes dominantes que les gestes intimes dérangent, demeurer en présence de votre partenaire est de bon aloi : il/elle peut s’asseoir avec vous, à vos pieds, vous préparer à boire, etc.

Quelques idées de gestes non-engageants pouvant exprimer de l’affection : baiser sur le front, accolades, câlins, se blottir l’un contre l’autre.

L’importance de s’exprimer

Parler est important et être positif est votre devoir premier.

Exprimez de la satisfaction ou du moins de la gratitude, après une séance. Dites à votre partenaire que c’était bien. Murmurer de doux riens.

Exprimez de la chaleur. Si la séance vous a excité, dites-le. « Tu souffres si joliment. Tu m’as réellement excité… J’aime vraiment t’entendre gémir… Tu parais si belle sur cette croix. » « Tes yeux sont incroyables quand tu es attaché, mon chéri… j’espère ne pas en avoir trop fait… »

Exprimez de l’intérêt et de l’affection. « Comment était-ce? As-tu aimé? As-tu mal? Quelle était la meilleure partie? la pire?… T’ai-je fait souffrir? T’ai-je fait peur? C’était une bonne peur ou une mauvaise? En as-tu assez? En veux-tu encore? »

Vos partenaires voudraient peut-être parler aussi, à propos de la séance, à propos d’eux, à propos de vous.

Vous ne pouvez pas savoir à l’avance. Laissez les parler si c’est ce dont ils ont besoin. Encouragez-les et écoutez.

Une critique de la séance directement après?

Même si les gens diffèrent les uns des autres, je ne recommande pas une analyse critique de la séance directement après, sauf si quelque chose s’est mal passé.

Vous pourrez faire un suivi plus approfondi plus tard, quand le brouillard de la séance sera dissipé.

Ayant dit tout cela, laissez-moi réitérer que l’après-séance n’est jamais standard. Les approches décrites plus haut peuvent fonctionner avec certaines personnes, mais n’avoir rien en commun avec ce que vous recherchez.

L’après-séance, un art subtil

Comme vous pouvez le constater, l’après-séance est un art subtil et fluide.

Ce qui fonctionne à merveille dans une situation s’avère désastreux dans une autre, voire nocif.

Certains ont besoin de beaucoup de toucher et de paroles pour les guider sur le chemin du retour, vers leur soi quotidien. D’autres peuvent n’avoir besoin que d’un coup de pied dans le cul. Certains personnes soumises peuvent désirer être laissés sans un mot, avoir des tâches à faire, ou de se rouler en boule.

Dans les relations D/s, le concept de sortir de l’espace de la scène peut ne pas être significatif puisque l’énergie D/s peut englober tous les aspects de la vie.

Même entre des partenaires réguliers de jeu, l’après-séance ne peut jamais être réduit à un exercice de routine.

L’essentiel est que, peu importe comment vous le faites, la pensée et l’acte devraient s’appliquer et relier la séance qui vient de s’achever à votre vie de façon à ce qu’elle soit remémorée comme une expérience positive et enrichissante.

Un.e soumis.e prêté.e

Une personne soumise « prêtée » par une autre personne dominante peut vouloir l’après-soin de la part de leur partenaire et non de vous.

Soyez compréhensif, si tel est le cas.

Cela dit, même si la personne soumise appartient à quelqu’un d’autre, qu’est-ce que la courtoisie de remercier, de gratifier d’un baiser sur la joue, d’une accolade, pour des bons moments passés ensemble?

L’après-séance excessivement démonstratif

Pratiquer aveuglément l’après-séance sans négociation préalable est un manque de respect à moins que votre partenaire en veuille.

Je connais quelques personnes dominantes averties qui font suivre une séance de martinet – administrée selon les règles les plus classiques -, par des mains balladeuses accompagnées de pénétrations anales avec leurs doigts, de tripotages et de baisers avec la langue enfouie jusqu’aux amygdales.

Toutes ces manifestations ressemblent davantage à une séance en soi, extorquée en douce, non négociée, qu’à la conclusion de la séance de martinet.

Si votre partenaire le désire, parfait. Mais une séance de pelotage poussé peut ne pas être accueillie avec plaisir par une personne que vous ne connaissez pas bien.

Si après une séance vous recevez plus de démonstrations affectives intimes que vous ne le souhaitez, dites-le : « Excusez moi… juste me tenir est très bien. Je n’aime pas être touché.e comme ça. »

La sollicitation

Également, essayer de solliciter des engagements pour de futures éventuelles rencontres quand votre partenaire flotte encore peut aussi être de l’ordre de l’après-séance excessif.

Souvenez-vous, l’après-séance est un rituel de clôture et non le moment pour négocier des engagements futurs.

Encore une fois, il n’y a rien de mal à exprimer de l’intérêt pour des jeux ultérieurs, spécialement si la séance s’est bien déroulée et que l’intérêt entre les deux partenaires est mutuel. Mais le devoir principal de la personne dominante durant l’après-séance est de veiller aux besoins immédiats de la personne soumise.

Utiliser le moment si intime de l’après-séance pour atteindre un futur rendez-vous peut mettre votre partenaire mal à l’aise, quel que soit son statut.

Il se peut que vos sollicitations soient les bienvenues, et si elles le sont, ne vous laissez pas vous convaincre de ne pas en faire. Mais si vous jetez la ligne et que l’hameçon ne mord pas, laissez reposer.

L’après-séance venu d’un tiers

Partiellement pour les raisons citées plus haut, certaines personnes peuvent être plus récalcitrantes à recevoir l’après-séance qu’à recevoir le fouet.

Dans ce cas, une personne soumise peut même souhaiter recevoir l’après-séance d’une autre personne que celle qui a dominé la séance. Son choix peut se porter sur un partenaire de jeu régulier, un partenaire de vie ou une personne avec laquelle elle se sent plus à l’aise.

Cela est-il bon? Oui, mais durant les négociations, avertissez votre partenaire de jeu au préalable que vous voudriez que telle personne s’occupe de votre après-séance une fois la séance terminée.

Et une accolade reste quand même une bonne démonstration de gratitude. Une séance sans après-séance est incomplète pour certaines personnes dominantes.

Par ailleurs, certains personnes dominantes, même magnifiques, ne pratiquent pas l’après-séance. Si vous en faites partie, vous avez la responsabilité de prévoir l’après-séance pour vos partenaires s’ils n’ont personne qui puisse s’en occuper.

Après une séance… interrompue

Dans une séance où quelque chose se passe mal (blessure accidentelle, veto, une imprévisible et inattendue interruption), ne blâmez pas, ne rationalisez pas. Simplement traiter la situation correctement, du mieux possible.

L’humour peut aider. « Ah, on a cassé la croix, je t’ai attachée deux fois et me suis bloqué l’épaule. Mais il y avait des parties de cette séance que j’ai aimées. »

Si les deux partenaires veulent continuer la séance, vous pouvez essayer, mais procédez avec une extrême précaution. Si la continuation est impossible, soyez fort, essayez de vous assurer que votre partenaire est d’accord et soyez aussi encourageant que possible.

Une réaction de choc en différé

Parfois une séance peut avoir l’air de s’être bien déroulée, l’après-séance s’être déroulé sans difficulté.

Puis quand vous êtes en train de faire du thé, votre partenaire s’effondre. Des sanglots imprévus, des excès incontrôlés de rage ou une chute dépressive rapide émergent d’on ne sait où.

Ne paniquez pas.

Mettez de côté ce que vous faisiez et recommencez votre après-séance. le BDSM puise profondément dans notre inconscient, spécialement quand les choses se sont passées particulièrement bien ou particulièrement mal.

Une scène puissante peut faire émerger des choses qui étaient enfouies loin depuis des années.

Encore une fois, il n’y a aucune approche standard sur la façon de gérer ce genre de situations autre que d’essayer de garder la tête tranquille et d’être attentif à votre partenaire.

L’après-séance… si vous ne le recevez pas de votre partenaire

À un certain moment, vous vivrez certainement la douloureuse expérience d’un après-séance raté qui ne vous prodigue pas ce dont vous avez besoin, et vous serez livré à vous-même.

Ça ne fait rien. Cela arrive. Vous survivrez.

Parfois, l’après-soin est mal fait parce que la personne dominante ne sait pas le faire ou pense que ce n’est pas important.

De nombreuses solutions, alternatives

Bref, si cela ne marche pas, il y a plein de choses que vous pouvez faire.

Portez vos habits. Faites-vous beau, belle. Arrangez-vous. Prenez un peu d’eau ou un jus de fruits. Mangez quelque chose. Prenez quelques minutes pour vous fermer les yeux, vous concentrer, enroulez vos bras autour de vous-même et enlacez-vous.

Ou encore, faites vous enlacer par quelqu’un que vous aimez ou en qui vous avez confiance : « Pourriez-vous m’aider avec une accolade et un petit après-séance? »

Si vous êtes seul, appelez ou visitez une personne de vos amis. Dites-le au téléphone que vous vous sentez mal, et si vous croyez que cela vous fera du bien, appelez votre partenaire de jeu ou textez-le.la.

Du repos peut fonctionner aussi.

Faire de l’exercice est un anti-dépressif général et je le recommande à tout le monde.

Faites-vous tous les câlins que vous êtes supposé vous faire quand vous vous sentez mal ou fragile ou fatigué; dormez, mangez quelque chose santé, parlez à une personne amie, pleurez et allez tôt au lit.

Au matin, ça ira mieux.

Gueules de bois d’endorphines

Quelques jours après une bonne et intense scène, une personne soumise peut plonger dans un état de remords ou de dépression.

Si cela vous arrive, ne paniquez pas. C’est une réponse physiologique à la production d’endorphines dans le corps. Les bonnes séances inondent notre corps avec des neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et les endorphines.

Ils restent actifs durant des jours produisant une certaine euphorie que certaines personnes soumises connaissent bien. Mais après deux ou trois jours, la métabolisation s’est faite et les effets euphoriques s’évanouissent.

Pour certains, c’est une douloureuse et déprimante expérience.

Que faites-vous? Rappelez-vous que c’est une condition physique et que cela passera.

Reprendre contact avec votre partenaire de jeu n’est pas une mauvaise idée.

Après-soin du lendemain

Avant le départ de votre partenaire, prenez son numéro de téléphone ou son courriel. Au lendemain de la séance, ou mieux encore, au lendemain du lendemain, il serait bon de faire un suivi.

Un coup de fil, un courriel, une lettre personnelle ou une visite est toujours une bonne idée pour exprimer l’amitié, la gratitude et montrer de l’intérêt. Cela rassurera la personne soumise et montrera que vous êtes responsable et mature.

S’il s’avère qu’il y a des questionnements et des interrogations, vous aurez l’opportunité d’y répondre.

S’il y a un état de choc, vous aurez la possibilité d’en parler, de l’expliquer. Vous pourrez faire savoir qu’il ne faut pas s’en inquiéter.

Quelques idées

Une bonne stratégie pour les personnes dominantes est de faire écrire la personne soumise sur le sujet. Cela leur permet de se connecter à vous et de se connecter à la séance par la contemplation.

Leur ordonner d’aller s’occuper d’eux-même est une autre idée.

C’est le bon moment pour demander des informations sur la façon dont la séance s’est déroulée, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, où étaient les surprises.

Si votre partenaire a des problèmes ou des inquiétudes, restez poli et attentif et si vous sentez que vous avez mal agi, dites-le.

Ce n’est pas facile d’entendre un mauvais bilan mais restez encourageant et parlez-en si vous pouvez. Il vaut mieux que votre partenaire se plaigne à vous plutôt qu’au monde entier.

C’est important la capacité de dire les choses.

L’après-séance pour l’audience

Non pas que je recommande de jouer devant la foule, mais votre audience apprécie généralement une petite assurance que tout va bien, spécialement dans une séance intense, lourde ou qui avait l’allure du non-consentement.

S’il y avait des cris, des pleurs, des jeux de résistance, du sang ou une punition, certains dans l’audience, surtout les nouveaux-venus, pourraient s’inquiéter que la séance n’ait pas été consentie.

Voilà une idée : laissez-vous voir satisfait par la séance (surtout si vous l’êtes). Je recommanderai de faire savoir aux Maîtres du dongeon au préalable que vous planifiez une séance agressive. Une foule peut être hantée si la séance apparait comme ayant endommagé le bien-être de l’un ou l’autre partenaire.

Pour vous donner un exemple, à Delta 96, après une des séances les plus lourdes auxquelles j’ai jamais assisté – une séance de crucifixion qui a plus ou moins stoppé toutes les autres activités dans le dongeon – la personne soumise s’était fait un point d’honneur de visiter l’endroit dans le dongeon où tout le monde s’était réfugié pour reprendre son souffle.

Elle est apparue, s’est servie une boisson, permettant à tous de la voir, de l’approcher, de lui parler et la saluer, afin de pouvoir affirmer qu’elle était encore en vie et bien portant. C’était une bonne touche intime à la fin d’une séance réellement effrayante qui a fait tourner plus d’une tête.

L’après-séance pour les personnes dominantes

Même si l’après-séance est généralement perçu comme quelque chose que les personnes dominantes prodiguent aux personnes soumises, celles-ci peuvent très bien prodiguer des soins d’après-séance à la personne dominante.

Après tout, les personnes dominantes sont des humains aussi (fiou!). Elles ont souvent besoin de gratitude et d’affection.

Quand la chaleur de la séance s’est apaisée, la personne dominante peut se retrouver épuisée, vulnérable, se sentir coupable d’avoir commis des gestes particuliers sur une personne qu’elle aime et apprécie.

C’est une partie du phénomène que certain appellent top-drop, une redescente du nuage.

Aux personnes soumises lisant ceci

Rappelez-vous d’exprimer votre gratitude et votre respect envers la personne dominante qui a passé la dernière heure au moins à vous maltraiter.

Flatter est bon : « Vous êtes une personne si dominante.. Vous m’avez vraiment excité… Je ne savais pas que vous étiez si bon avec le fouet. J’aimerais refaire ça un jour. » Pas besoin de mentir, mais si vous pouvez trouver quelque chose de gentil à dire, dites-le.

Mon amie, Maîtresse Elizabeth, suggère qu’une fois les menottes enlevées et l’après-soin commencé, son soumis lève les yeux et lui demande : « Que puis-je faire pour vous servir, Maîtresse? »

Que puis-je faire pour vous servir, Maître?

S’enlacer, se blottir peut être bon si la chimie entre les partenaires est bonne, et qu’ils se le permettent. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Si c’est dans votre style, vous agenouiller devant votre Dominant-e et vous offrir à lui/elle pour une accolade peut être très touchant, comme peut l’être la vénération des pieds, lui embrasser les mains, etc.

Un massage de pieds peut être très apprécié par la personne dominante qui vient de vous abuser et qui vient de travailler dur toute une soirée de temps… ?

La personne qui vient de vous dominer pourrait désirer plus que toute autre chose de s’occuper de vous, alors si vous n’avez pas de problème à ce niveau, laissez-vous dorloter.

Si vous ne désirez pas beaucoup de touchers et d’accolades, dites-le aussi gentiment que possible.

Aux personnes dominantes lisant ceci

Dépendamment de votre image de vous-même (et de celle que vous souhaitez projeter), de votre style, vous pourriez ne pas vouloir recevoir de soins après la séance de votre partenaire se soumettant à vous.

Vous pourriez aussi être avec une personne soumise qui ne désire pas vous voir comme ayant besoin de soins et d’affection.

Si c’est le cas, vous pourriez préférer recevoir votre après-séance en forme de tapes sur le dos de vos camarades dominants.es, ou de félicitations, d’encouragements.

C’est pour cela que c’est toujours recommandé de complimenter les joueurs après une séance. Ils pourraient être en manque d’après-séance…

Un aide-mémoire – rappels

Avant de jouer

  • Apprendre ce que vous aimez et ce dont vous avez besoin en termes d’après-séance. Prêter autant d’attention aux besoins de vos partenaires.
  • Inclure la discussion sur l’après-séance dans vos négociations pré-séance : ce dont vous avez besoin, ce qui vous fait du bien, ce que vous aimez, quelle intensité, de la part de qui. Soyez prêt à entendre des choses inhabituelles, chacun est différent.
  • Préparer les affaires dont vous auriez besoin pour les avoir à portée de main : jus, eau, couvertures, serviettes, trousse de premiers soins, etc.
  • Préparer un sac pour l’après-séance contenant une couverture, eau, un jouet en peluche, un jus de fruit, des contes à lire, un casse-croûte.
  • Prévoir votre temps pour l’après-séance. Si vous avez une marge de jeu d’une heure, prévoyez la fin de la séance dans les 45 minutes pour vous garder une quinzaine de minutes d’après-séance. Ce serait un bon minimum.

Pendant la séance

  • Se préparer à transférer les rôles de Dominant-soumis à des rôles plus égalitaires dans l’amitié et le respect.
  • Sans interrompre l’ambiance de la séance, libérer la personne soumise de ses attaches.

Après la séance

  • Administrer lavage, les premiers soins, un répit, une douche, une boisson, un repas.
  • Répondre à tout besoin physique ou émotionnel que la personne soumise peut avoir (parler de la séance, pleurer, etc.)
  • Accorder autant d’attention aux aspects de l’après-séance qu’à la séance en tant que telle.
  • Toucher, enlacer, parler, prendre un bain ensemble, une douche, une sieste. Exprimer de la satisfaction ou du moins de la gratitude après une séance.
  • Offrir de l’eau à boire ou du jus de fruit pour un moment de pause de la séance.
  • Gérer soigneusement une séance brisée, essayer de prendre soin de toutes les fêlures qui ont besoin d’être raccommodées.
  • Les personnes soumises doivent se rappeler de faire leur part d’après-séance envers la personne dominante.
  • Le suivi du lendemain ou dans les jours qui suivent (pour anticiper, pour s’occuper des après-coup d’endorphines) : un coup de fil, un courriel, une note personnelle ou une visite sont toujours une bonne idée afin d’exprimer l’amitié, la gratitude et l’intérêt. Cela va réassurer l’autre personne et vous fera apparaître plus responsable et mature.
  • Comme activité d’après-séance, demandez à votre partenaire d’écrire au sujet de la séance, comme base pour une discussion ultérieure ou une activité à part entière.
  • Faites de la vérité affirmative votre objectif. Ne mentez pas, mais exprimez une gratitude authentique pour ce que vous avez partagé.
  • Essayez de percer comment se sent votre partenaire.
  • Enfin, soyez toujours prêt à changer d’approche si vous avez l’impression que votre après-séance ne fonctionne pas.

Évidemment, ce panorama d’ensemble ne vous a pas appris « comment le faire ».

Cela reste à découvrir… par vous-même.

Toute chose intéressante commence par l'esprit
Savourer sa frustration

À propos de Monsieur Valmont

Gentilhomme avec un côté « bum », amateur de typo et du jeu de go, je suis du genre à chauffer les fesses d'une belle pouliche, accompagné par du Rage Against The Machine... Ou du Chopin.

Sujet(s) de cet article : article populaire, capacité de dire, protocole bdsm, sécurité, soins, temps Publié le 20 avril 2006 dans le blogue cercle O - cercleo.net

Interactions du lecteur

1 commentaire

  1. Clarisse Calliopé écrit :

    4 août 2015 à 19 h 32 min

    Très bel article que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire !

    Il est vrai que jamais je ne m’était penché sur le sujet, ce qui ce soir me fait ouvrir les yeux sur certaines choses.

    Etant moi même soumise il est vrai que j’ai souvent considérer l’après séance comme un moment encore plus délicat que la séance en elle même. Cela probablement parce qu e ces moments font souvent ressortir chez moi beaucoup d’émotions, tout comme lors des séance, mais cependant, mes émotions de séances sont bien plus acceptable dans mon tempérament de soumise, c’est à dire que je peu pleurer sous les coups avec moins de complexe (même si j’en ai beaucoup à le faire, ce qui n’est pas non plus chose facile pour moi) que de me blottir contre lui avec tendresse pour y trouver un peu de réconfort, parfois j’ai très envie de pleurer mais aujourd’hui encore j’ai toujours retenu mes larmes, même si mon Maître m’encourage à me livrer, nous avançons petit à petit en se sens.

    Avoir ces moment avec mon Maître me sont très important désormais, des moments que je pensais « obsolète » dans le domaine BDSM car j’ai longtemps eu l’image de relation très assentimentales et cultivant aussi la déconsidération et l’humiliation. Des moments donc que je n’ai pas eu dans mes relations passées l’occasion de vivre. Non pas que j’en ai souffert, au contr aire, ne pas vivre ses moments, ne pas me montrer fragile et vulnérable intérieurement m’allais très bien. J’avais l’impression de paraître ainsi plus forte et honorable.

    Ce n’est que depuis que j’ai rencontré mon Maître actuel que j’ai compris l’importance de ces moments, tant pour lui que pour moi.

    Nous passons des heures parfois ou je prends soin de lui, dans la douceur et la délicatesse, car je ressens ce besoin chez lui déjà, et je m’y exécute pour lui faire plaisir moi aussi, pour le remercier de cette séance qu’il m’a donné. Nous parlons beaucoup également et je trouve cela très important. Moi qui m’étonnais à notre première rencontre qu’il me prenne dans ses bras et m’apporte cette attention si particulière post-séance.

    Néanmoins, qua nd le jeu va plus loin, lors de séances forte, ce qui ne m’est arrivé qu’une fois pour l’instant, comme vous dites « Certaines personnes soumises peuvent désirer être laissés sans un mot » je crois que ça à été mon cas à cette fameuse séance, pour avancer dans mon « plaisir » mon cheminement, j’aurais préférer qu’il me laisse là gisante, dans la peine et la douleur. Ce qu’il n’a pas fait, et m’a confier ne jamais faire à l’avenir, car il ne s’en sent pas la force me dit il.

    Cet article m’éclaire assez et j’encourage tout comme vous les Maître à prendre soin de leurs soumis de cette façon, et aux soumis(e)s de remercier gracieusement leurs dominant(e)s après avoir été rencontré en séance.

    Clarisse Calliopé

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